Les cicatrices

Quels sont les impacts de vos cicatrices sur votre quotidien ?

Une cicatrice, c’est souvent un détail qui nous paraît insignifiant, une relique du passé dont on juge souvent à tord uniquement le côté esthétique ou un détail physique qui pourraît nous rappeler une étape difficile de notre vie, un traumatisme ou de vieilles douleurs.

En massage, quand je souligne la présence d’une cicatrice et que je me permet d’en demander la provenance, on me répond souvent « oh ça ! Ce n’est qu’une vieille cicatrice »

Souplesse, fluidité et posture

« Quand on essaye de comprendre ce qui se passe dans une cicatrice, on se rend compte qu’une forme d’harmonie a disparu. Cette harmonie, c’est celle des mouvements des fibres qui nous constituent et qui assurent la souplesse, l’helasticité.  » Jean Claude Guimberteau

« La cicatrice c’est la trace, le souvenir d’une blessure. Elle recrée la continuité de notre enveloppe cutanée. Mais cette continuité se recrée le plus souvent avec des adhérences. Ces adhérences sont des points de fixation qui empêchent les tissus (artères, veines, muscles, tendons, ligaments, organes, etc.) de coulisser les uns par rapport aux autres, pour permettre la mobilité du corps. »

Selon la profondeur de la plaie qui l’a générée, la continuité des systèmes des fascias sous la peau peut-être perturbée, et ainsi briser la continuité du corps entier. « Un grain de sable dans un engranage pourtant bien huilé mais usé de la compensation permanente de la fixité de la cicatrice. » Il conviendra d’aller voir un thérapeute formé aux techniques de libération des fascias (fasciathérapeute, kinésithérapeute, ostéopathe…) pour éviter sur le long terme des mécanismes de compensations pouvant créer, tensions, fatigue, inflammation...

Activation du système sympathique et perte de force globale

Dans certains cas, une cicatrice peut activer un « état d’alerte ». Cela s’expliquerait par le fait qu’une mauvaise cicatrisation serait assimilée par notre système nerveux à une plaie ouverte et donc perçue comme un danger immédiat qui nécéssite la mobilisation d’énergie vers la zone cicatricielle, ce qui engendrerait une perte de force globale. (il existe des tests de force pour évaluer ses cicatrices.)

On peut imaginer l’impact sur le long terme d’une solicitation inconsciente de cicatrices actives (contact d’un vêtement, étirement et torsion de la cicatrice par le mouvement ou certaines postures).

Proprioception et mouvement

« La cicatrice est le trou noir du corps. » Une discontinuité dans le réseau de tissu des fascias va impacter la cartographie du corps transmise au cerveau, ainsi la proprioception (conception de son propre corps dans l’espace) peut être lourdement impacter sur le long terme ( les fascias étant riche en propriocepteurs), pouvant ainsi créer des bouleversements dans la posture et le mouvement. « Si le cerveau de perçoit pas une zone du corps, il se saura pas la commander. »

Prendre soin de ses cicatrices

« Une cicatrice massée et étirée peut être libérée de ses adhérences », réintégrée dans le schéma proprioceptif, et permet d’apaiser le système nerveux.

La réadaptation sensorielle par le massage et les étirements permet de faire varier le ressenti de désagréable, cartonneux à neutre. « Cela peut être un signe que la cicatrice est réintégrée, la carte du cerveau et le territoire du corps sont réajustés. »

« Une cicatrice sensible au toucher, voire douloureuse, creusée ou boursouflée doit être encore travaillée, et toutes, au fil des années doivent être testées et retestés car l’harmonie retrouvée ne tient parfois qu’a un fil. »

Citations tirées du Livre « Nos cicatrices, mode d’emploi » de Geoffrey JANIER-DUBRY. Savoir général, séances de travail sur le SN et les réflexes avec L. Bourguignon

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